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Choisir son conseiller en gestion de patrimoine : la checklist

Par Luc Follin, conseiller en gestion de patrimoinePublié le 25 octobre 2026Mis à jour le 25 octobre 20269 min de lecture
En brefPour choisir son conseiller en gestion de patrimoine, commencez par vérifier qu'il est bien immatriculé à l'ORIAS, le registre officiel des intermédiaires, et pour quelles activités. Contrôlez ensuite son adhésion à une association professionnelle agréée, son assurance de responsabilité civile professionnelle, et l'absence de son nom sur les listes noires de l'AMF. Enfin, fiez-vous à votre ressenti : un bon conseiller écoute, explique et ne vous presse jamais.

Je suis Luc Follin, conseiller en gestion de patrimoine et fondateur de Follin & Co Conseil et Patrimoine. Dans mon premier métier, sapeur-pompier, on vérifiait le matériel avant chaque intervention. Pas par méfiance : par méthode. Je vous propose la même démarche pour choisir la personne à qui vous confierez une partie de vos projets de vie.

Pourquoi bien choisir son conseiller en gestion de patrimoine

Le titre de « conseiller en gestion de patrimoine » n'est pas, en lui-même, un statut réglementé. N'importe qui peut l'afficher sur une carte de visite. Ce qui est encadré, ce sont les activités : conseiller sur des placements financiers, distribuer des contrats d'assurance, intermédier un crédit, vendre un bien immobilier.

Chacune de ces activités exige une autorisation précise, des diplômes ou une expérience, une assurance et un contrôle. Vérifier ces éléments prend une dizaine de minutes. C'est un temps très bien employé avant de signer quoi que ce soit.

Étape 1 : vérifier l'immatriculation à l'ORIAS

L'ORIAS est l'organisme chargé de tenir le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance. Le registre est public et gratuit, sur orias.fr.

Comment faire :

  • recherchez le nom de la société, le nom du conseiller ou son numéro d'immatriculation (8 chiffres) ;
  • vérifiez les catégories pour lesquelles il est inscrit ;
  • comparez l'adresse, le numéro et le nom de domaine avec ceux de la personne qui vous a contacté.

Ce dernier point est important. L'AMF alerte régulièrement sur des usurpations d'identité : des escrocs utilisent le nom et le numéro d'un vrai professionnel. En cas de doute, recontactez la société en cherchant vous-même ses coordonnées officielles.

L'ORIAS vérifie, avant l'inscription puis chaque année au renouvellement, la capacité professionnelle, l'honorabilité, l'assurance de responsabilité civile professionnelle et, le cas échéant, la garantie financière.

Étape 2 : comprendre les statuts

Un conseiller en gestion de patrimoine cumule souvent plusieurs statuts. Chacun correspond à une activité précise.

Statut Ce qu'il permet Où le vérifier
Conseiller en investissements financiers (CIF) Conseiller sur des placements financiers (actions, obligations, fonds, etc.) Registre ORIAS
Courtier en assurance Conseiller et distribuer des contrats d'assurance vie, de capitalisation, d'épargne retraite, de prévoyance Registre ORIAS
Intermédiaire en opérations de banque et en services de paiement (IOBSP) Intermédier des crédits, notamment immobiliers Registre ORIAS
Carte professionnelle « transaction » (carte T) Intervenir dans la vente ou l'achat d'un bien immobilier Délivrée par la CCI

Un point de vigilance : un CIF ne peut pas gérer votre portefeuille à votre place. Selon l'AMF, la gestion de portefeuille pour le compte de tiers est réservée aux prestataires agréés. Si un conseiller vous propose de « gérer vos comptes » en prenant la main, demandez-lui sur quelle base.

Concernant la carte T, elle est délivrée par le président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI). Elle suppose une assurance de responsabilité civile professionnelle et, si le professionnel détient des fonds pour le compte de clients, une garantie financière. Retenez une règle simple : seul un professionnel titulaire de cette carte et couvert par une garantie financière peut détenir des fonds pour le compte de ses clients.

Étape 3 : l'association professionnelle agréée

Un CIF doit adhérer à une association professionnelle agréée par l'AMF. Cette association vérifie qu'il respecte ses obligations, organise des contrôles et suit sa formation continue. L'AMF peut, de son côté, sanctionner un CIF en cas de manquement.

Pour le courtage en assurance et en opérations de banque, l'adhésion à une association professionnelle agréée par l'ACPR (l'autorité de contrôle prudentiel et de résolution, adossée à la Banque de France) est également exigée.

Le nom de l'association figure sur le registre de l'ORIAS et dans le document d'entrée en relation que le conseiller doit vous remettre.

Étape 4 : la responsabilité civile professionnelle

La responsabilité civile professionnelle (RC pro) est une assurance qui couvre les conséquences d'une erreur du conseiller. Elle est obligatoire pour chaque statut, et ses montants minimaux sont fixés par la réglementation. L'ORIAS contrôle chaque année que la couverture est en place.

Vous pouvez demander l'attestation à votre conseiller. Un professionnel sérieux la fournit sans difficulté.

Étape 5 : consulter les listes noires de l'AMF

L'AMF publie des listes noires de sociétés et de sites qui proposent des placements sans autorisation : crypto-actifs, Forex, biens divers, etc. Ces listes sont consultables sur le site AMF Protect Épargne. Le site Assurance Banque Épargne Info Service, commun à l'AMF, à l'ACPR et à la Banque de France, regroupe aussi les listes noires des autorités.

Attention : l'AMF rappelle que ces listes sont mises à jour régulièrement mais ne peuvent jamais être complètes. Une société absente de la liste n'est pas forcément autorisée. La vérification sur l'ORIAS reste donc indispensable.

Étape 6 : repérer les signaux d'alerte

Certains comportements doivent vous faire lever le pied immédiatement. L'AMF en décrit plusieurs :

  • Un rendement élevé et garanti. Un rendement important va toujours de pair avec un risque de perte. Comme le dit l'AMF, comment un rendement si élevé pourrait-il être garanti ?
  • La pression. « Il faut se décider aujourd'hui », « l'offre se termine demain » : un conseiller sérieux vous laisse le temps de réfléchir.
  • Une demande de paiement inhabituelle. Un virement sur un compte personnel, à l'étranger, ou une demande de numéro de carte bancaire.
  • Un contact non sollicité. Un appel, un message sur les réseaux sociaux ou une recommandation par une connaissance qui vous présente « l'opportunité ».
  • L'absence de documents. Pas de lettre de mission, pas de déclaration d'adéquation, pas d'information sur les frais.

Prenons un exemple fictif. Sophie, 45 ans, reçoit un appel d'un « conseiller » qui lui propose un placement à 9 % par an garanti, avec une souscription à boucler sous 48 heures. Le numéro ORIAS annoncé existe bien, mais il appartient à un cabinet dont l'adresse et le site sont différents. Trois signaux d'alerte en un seul appel : Sophie a bien fait de raccrocher.

Étape 7 : lire les premiers documents remis

Avant tout conseil, un professionnel doit vous remettre plusieurs documents. Leur qualité en dit long sur le sérieux du cabinet.

Le document d'entrée en relation présente son identité, ses statuts, son numéro ORIAS, son association professionnelle, ses éventuels liens capitalistiques ou commerciaux avec des fournisseurs, son mode de rémunération et la procédure de réclamation, avec les coordonnées d'un médiateur.

La lettre de mission décrit ce que le conseiller va faire pour vous, comment et pour quel prix. Selon l'AMF, elle précise notamment les modalités de rémunération.

Avant de vous recommander quoi que ce soit, il doit aussi recueillir vos objectifs, votre situation financière, vos connaissances, votre tolérance au risque et votre capacité à subir des pertes. L'AMF le rappelle : si ces informations ne lui sont pas communiquées, il doit s'abstenir de vous conseiller.

Enfin, la déclaration d'adéquation explique en quoi ses propositions correspondent à votre profil. Elle vous est remise que vous suiviez ou non le conseil. Et vous restez toujours libre de ne pas le suivre.

Si l'un de ces documents manque, ou s'il reste flou, demandez des précisions. Un cabinet sérieux les fournit spontanément.

Étape 8 : évaluer la relation

Une fois les vérifications techniques faites, reste l'essentiel : la qualité de la relation. Le conseil patrimonial s'inscrit souvent sur des années.

Quelques questions à vous poser après un premier rendez-vous :

  • Le conseiller vous a-t-il posé des questions sur vos objectifs de vie, pas seulement sur votre argent ?
  • A-t-il expliqué ses recommandations avec des mots simples, risques compris ?
  • A-t-il été clair sur sa rémunération, sans que vous ayez à insister ?
  • Vous a-t-il laissé le temps de réfléchir ?

Sur la rémunération, j'ai détaillé les différents modèles et les questions à poser dans mon article sur la rémunération d'un conseiller en gestion de patrimoine. Pour ma part, mon fonctionnement est expliqué sur la page honoraires.

La checklist récapitulative

Vérification Comment OK ?
Immatriculation ORIAS Recherche sur orias.fr ☐
Statuts cohérents avec la mission Lecture du registre et du document d'entrée en relation ☐
Coordonnées identiques à celles du registre Recherche indépendante du site et du téléphone ☐
Association professionnelle agréée Registre ORIAS, document d'entrée en relation ☐
RC professionnelle Attestation demandée au conseiller ☐
Carte T si intervention immobilière Demande de la carte, vérification auprès de la CCI ☐
Absence des listes noires AMF Protect Épargne, ABE Info Service ☐
Documents remis Document d'entrée en relation, lettre de mission, déclaration d'adéquation, information sur les frais ☐
Rémunération expliquée Réponse claire et écrite ☐
Aucune pression ni promesse de rendement garanti Votre ressenti lors des échanges ☐

Mon approche

Je suis conseiller en investissements financiers, courtier en assurance et courtier en opérations de banque, immatriculé à l'ORIAS. Mon cabinet n'appartient à aucune banque ni à aucun réseau, son siège est près de Bordeaux, et j'accompagne mes clients partout en France à distance. Je vous invite d'ailleurs à appliquer cette checklist à mon cabinet comme à n'importe quel autre : c'est exactement le bon réflexe.

Mon rôle n'est pas de vous vendre un placement. C'est de vous aider à rendre votre argent utile à ce qui compte pour vous : la liberté de choisir, la sécurité de votre famille, vos projets. Chaque situation est différente, et aucun placement non garanti n'est sans risque de perte en capital.

Si vous voulez en discuter, vous pouvez prendre rendez-vous pour un premier échange, sans engagement.

Questions fréquentes

Comment vérifier qu'un conseiller en gestion de patrimoine est autorisé ?

Recherchez son nom, sa société ou son numéro d'immatriculation sur le registre de l'ORIAS (orias.fr). Le registre indique les statuts détenus, par exemple conseiller en investissements financiers, courtier en assurance ou courtier en opérations de banque. Vérifiez que les coordonnées correspondent bien à celles de la personne qui vous a contacté.

Le titre de conseiller en gestion de patrimoine est-il réglementé ?

Non, le titre lui-même n'est pas un statut réglementaire. Ce sont les activités exercées qui le sont : conseil en investissements financiers, intermédiation en assurance, en opérations de banque, transaction immobilière. Chacune exige une immatriculation ou une carte professionnelle spécifique.

Que faire si une société n'apparaît pas sur la liste noire de l'AMF ?

Cela ne prouve pas qu'elle est autorisée. L'AMF rappelle que ses listes noires sont mises à jour régulièrement mais ne peuvent jamais être complètes. Il faut donc toujours vérifier, en plus, que la société dispose bien des autorisations nécessaires pour exercer en France.

Un conseiller peut-il me garantir un rendement élevé ?

Un rendement élevé s'accompagne toujours d'un risque élevé, y compris de perte en capital. L'AMF le rappelle : un rendement important signifie que vous pouvez aussi perdre de l'argent. Une promesse de rendement élevé et garanti est l'un des signaux d'alerte les plus classiques d'une arnaque.

Qui contacter en cas de doute sur un intermédiaire ?

Vous pouvez joindre AMF Épargne Info Service au 01 53 45 62 00 ou consulter le site Assurance Banque Épargne Info Service, commun à l'AMF, à l'ACPR et à la Banque de France. En cas de litige avec un professionnel, le médiateur indiqué dans son document d'entrée en relation peut aussi être saisi.

Sources

Luc Follin
Luc Follin

Conseiller en gestion de patrimoine, fondateur de Follin & Co Conseil et Patrimoine. Ancien sapeur-pompier professionnel et investisseur immobilier aguerri, formé aux marchés financiers puis diplômé en gestion de patrimoine et certifié AMF, j'accompagne les familles et les actifs dans leurs choix d'épargne, de retraite et de transmission.

Article à caractère général et pédagogique, à jour à la date indiquée ; il ne constitue pas un conseil personnalisé. La fiscalité et la réglementation évoluent. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Avant toute décision, faites analyser votre situation par un professionnel.

Parlons de votre situation, sans engagement.

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